Depuis qu'il avait croisé les deux flics la veille, Edward se sentait emporté par une étrange sensation de malaise.Lui qui avait fuit son pays et par là même la police américaine, voilà qu'il était convoqué aujourd'hui par la police française.Il s'était préparé très tôt ce matin à toute éventualité.Devant le miroir de la salle de bain il avait répété inlassablement les réponses aux questions qu'ils lui poseraient très certainement et avait rasé sa barbe de trois jours, avait pris une douche, s'était parfumé, un peu trop même, avec une eau de Cologne bon marché.Il avait rangé l'appartement et notamment le salon dans lequel il avait cherché à tâtons le document médical qu'il n'avait pas retrouvé dans le sac en plastique qu'il avait remonté jusque chez lui et qu'il avait éventré au beau milieu de la cuisine.En pleine crise paranoïaque, il avait préféré brûler le tout plutôt que de le jeter à nouveau dans le vide-ordures.Une affreuse odeur de brûlé avait même éveillé la curiosité de Madame Blanchard, la vieille au "clebard", qui était montée jusque chez lui pour s'assurer qu'il n'avait pas mis le feu à son appartement.Il l'avait vite expédiée dans ses pénates prétextant qu'il avait oublié d'éteindre le feu de la gazinniere.
Au petit matin, l'escalier était envahi par une épouvantable odeur de brûlé qu'une nuit entière n'avait pas suffit à faire disparaître.Il savait qu'il aurait des comptes à rendre aux propriétaires mais préférait d'abord se concentrer sur son rendez-vous.Ce qu'il ne savait pas, c'est que les propriétaires, malgré leur relation houleuse avaient décidé de régler le cas "Black" ensemble et au plus vite.Ils savaient que la police s'intéressait de très près à lui et ne voulaient pas qu'il fasse de mauvaise publicité à l'immeuble.
Lorsqu'il pénétra dans le bureau des deux flics, il fut invité à s'asseoir face à eux.Il ne s'attendait pas à voir sur leur visage le moindre sourire d'autant plus qu'ils ne lui avaient laissé comme seul souvenir que deux visages inexpressifs et insondables...Ils l'invitèrent à s'asseoir face au bureau derrière lequel le plus grand, celui au visage sévère et qui conservait toujours une certaine distance envers ceux qu'il avait face à lui était assis sur un vieux fauteuil de cuir élimé tandis que l'autre, le "gentil" restait debout appuyé contre une fenêtre enfermée derrière cinq ou six barreaux infranchissables.Sur le bureau, un désordre indescriptible régnait.Des dossiers en attente jonglaient avec le feu, prêts à chuter au moindre coup de vent.Un vieux téléphone noir à cadran d'un autre âge semblait promettre de rendre l'âme à tout instant.Deux ou trois photos représentaient le visage d'une femme, d'autres d'enfants.Sans doute ceux du flic assis sur le fauteuil.Un cendrier aux couleurs d'une célèbre entreprise postale trônait au beau milieu de cet immense fatras.
_"Puis-je fumer?" Demanda Edward.
_"Peut-être plus tard" répondit celui qui se tenait debout."Nous avons d'abord quelques questions à te poser"
Sur le cendrier reposait un cigare aux prétentieuses dimensions, exhalant un parfum poivré particulièrement incommodant.L'autre flic, qui devait se nommer Dominici d'après la petite pancarte officielle posée négligemment sur la pile de dossiers fusilla son collègue du regard.Edward connaissait bien cette technique d'approche qui consiste à amadouer les suspects afin de les faire avouer tout et n'importe quoi.
_"Ne faites pas attention à Blanchard" rassura-t-il."Par ces grandes chaleurs il a tendance à prendre les gens de haut.Bien évidemment, si l'envie de fumer une cigarette vous vient, vous avez tout loisir d'en allumer une."
Il accompagna ses paroles d'un geste en poussant vers Edward le cendrier bariolé et par là-même le cigare malodorant.
_"Je vous promets que mon collègue ici présent ne vous tutoiera plus non plus, n'est-ce pas Blanchard?"
L'autre répondit par un haussement d'épaules puis s'éloigna vers le coté opposé de la pièce ou il posa ses fesses derrière un second bureau lui d'une propreté qui aurait fait pâlir de jalousie nombre de ménagères.
_"En fait" reprit le premier."Si nous vous avons convoqué ici ce matin c'est au sujet de l'affaire qui secoue le quartier depuis hier et dont vous avez très certainement entendu parlé puisqu'il s'agit d'une affaire de meurtre touchant l'une des locataires habitant dans le même immeuble que vous."
_"Je.....vois.Oui, je vois.Vous devez sans doute parler de la jeune noire dont la soeur est restée plusieurs jours sans nouvelles? Répondit Edward.
_"Sans doute?" s'empressa de demander le second flic très énervé et qui dans son coin trépignait d'impatience à l'idée de prendre les rennes de cet interrogatoire."A ce que je sache, il n'y a eu qu'un meurtre perpétré dans cet im......"
_"Ce que nous aimerions savoir Monsieur Black",demanda le premier coupant ainsi la parole au second ,"c'est si vous auriez quoi que ce soit à nous dire à ce sujet afin de nous aider à éclaircir cette malheureuse affaire."
En sueur, Edward s'incommodait de plus en plus de l'infecte odeur de fumée du cigare qui prenait possession de la pièce toute entière.Le col de sa chemise virait du rouge au brun au fur et à mesure qu'elle buvait l'eau secretée par les pores de son épiderme.
Au petit matin, l'escalier était envahi par une épouvantable odeur de brûlé qu'une nuit entière n'avait pas suffit à faire disparaître.Il savait qu'il aurait des comptes à rendre aux propriétaires mais préférait d'abord se concentrer sur son rendez-vous.Ce qu'il ne savait pas, c'est que les propriétaires, malgré leur relation houleuse avaient décidé de régler le cas "Black" ensemble et au plus vite.Ils savaient que la police s'intéressait de très près à lui et ne voulaient pas qu'il fasse de mauvaise publicité à l'immeuble.
Lorsqu'il pénétra dans le bureau des deux flics, il fut invité à s'asseoir face à eux.Il ne s'attendait pas à voir sur leur visage le moindre sourire d'autant plus qu'ils ne lui avaient laissé comme seul souvenir que deux visages inexpressifs et insondables...Ils l'invitèrent à s'asseoir face au bureau derrière lequel le plus grand, celui au visage sévère et qui conservait toujours une certaine distance envers ceux qu'il avait face à lui était assis sur un vieux fauteuil de cuir élimé tandis que l'autre, le "gentil" restait debout appuyé contre une fenêtre enfermée derrière cinq ou six barreaux infranchissables.Sur le bureau, un désordre indescriptible régnait.Des dossiers en attente jonglaient avec le feu, prêts à chuter au moindre coup de vent.Un vieux téléphone noir à cadran d'un autre âge semblait promettre de rendre l'âme à tout instant.Deux ou trois photos représentaient le visage d'une femme, d'autres d'enfants.Sans doute ceux du flic assis sur le fauteuil.Un cendrier aux couleurs d'une célèbre entreprise postale trônait au beau milieu de cet immense fatras.
_"Puis-je fumer?" Demanda Edward.
_"Peut-être plus tard" répondit celui qui se tenait debout."Nous avons d'abord quelques questions à te poser"
Sur le cendrier reposait un cigare aux prétentieuses dimensions, exhalant un parfum poivré particulièrement incommodant.L'autre flic, qui devait se nommer Dominici d'après la petite pancarte officielle posée négligemment sur la pile de dossiers fusilla son collègue du regard.Edward connaissait bien cette technique d'approche qui consiste à amadouer les suspects afin de les faire avouer tout et n'importe quoi.
_"Ne faites pas attention à Blanchard" rassura-t-il."Par ces grandes chaleurs il a tendance à prendre les gens de haut.Bien évidemment, si l'envie de fumer une cigarette vous vient, vous avez tout loisir d'en allumer une."
Il accompagna ses paroles d'un geste en poussant vers Edward le cendrier bariolé et par là-même le cigare malodorant.
_"Je vous promets que mon collègue ici présent ne vous tutoiera plus non plus, n'est-ce pas Blanchard?"
L'autre répondit par un haussement d'épaules puis s'éloigna vers le coté opposé de la pièce ou il posa ses fesses derrière un second bureau lui d'une propreté qui aurait fait pâlir de jalousie nombre de ménagères.
_"En fait" reprit le premier."Si nous vous avons convoqué ici ce matin c'est au sujet de l'affaire qui secoue le quartier depuis hier et dont vous avez très certainement entendu parlé puisqu'il s'agit d'une affaire de meurtre touchant l'une des locataires habitant dans le même immeuble que vous."
_"Je.....vois.Oui, je vois.Vous devez sans doute parler de la jeune noire dont la soeur est restée plusieurs jours sans nouvelles? Répondit Edward.
_"Sans doute?" s'empressa de demander le second flic très énervé et qui dans son coin trépignait d'impatience à l'idée de prendre les rennes de cet interrogatoire."A ce que je sache, il n'y a eu qu'un meurtre perpétré dans cet im......"
_"Ce que nous aimerions savoir Monsieur Black",demanda le premier coupant ainsi la parole au second ,"c'est si vous auriez quoi que ce soit à nous dire à ce sujet afin de nous aider à éclaircir cette malheureuse affaire."
En sueur, Edward s'incommodait de plus en plus de l'infecte odeur de fumée du cigare qui prenait possession de la pièce toute entière.Le col de sa chemise virait du rouge au brun au fur et à mesure qu'elle buvait l'eau secretée par les pores de son épiderme.