Les yeux mi-clos, presque aveuglé par un soleil se faisant décidément impitoyable envers ceux dont il n'est pas un ami, Edward s'est plongé dans la faune urbaine à l'heure de pointe.Très tôt ce matin, il s'était décidé à prendre son courage à deux mains et à affronter le regard de son prochain.Il avait d'abord choisi de sortir de son environnement à l'aube, lorsqu'encore la ville dort sur ses deux oreilles, à l'heure ou seul les camions-bennes ouvrent leur grande gueule pour avaler tout entiers des montagnes de détritus déposés par les millions d'habitants.Des déchets que si peu de personnes s'évertuaient à traiter, à séparer selon leur catégorie que ces dernieres baissaient vite les bras et revenaient à leurs ancienne habitudes.Les trottoirs sentaient le frais.De nouveau véhicules promenaient leur énorme arrière-train, conduits par des hommes au visage blasé et suivis par un autre de corvée, marchant à la même vitesse, tuyau d'arrosage à la main, nettoyant à l'eau de ville les rares déchets ayant résisté plus tôt à la gourmandise de leur grande soeur.La scène fit presque sourire Edward qui de la fenêtre de son nouvel appartement avait toujours été intrigué par cette drôle de coutume typiquement européenne qui consistait a rendre peau neuve à une ville souillée pendant la nuit.
Il marchait derrière ce drôle de véhicule, à quelques pas seulement, se cachant des rares individus qui auraient eu la même idée de sortir si tôt le matin, camouflant le bruit de ses pas derrière celui du moteur de l'engin.....
Malheureusement pour Edward, ce petit scénario ne s'était construit que dans sa tête, face au miroir de la salle de bain.Entre sa volonté de sortir du marasme dans lequel il s'enfonçait et sa peur du monde extérieur, il avait perdu beaucoup trop de temps à cogiter et au moment ou il avait trouvé enfin la force de se lancer dans l'inconnu, le soleil était à son zénith et la foule nombreuse à marcher sur les trottoirs.Et pourtant, parce qu'il savait qu'il n'y parviendrait plus en cas d'abandon, parce qu'il avait besoin de se prouver qu'il était encore un homme et non pas une bête aux abois chassée de son pays natal par des personnes sans nom, il avait réussi à franchir le seuil de la porte d'entrée, puis avait descendu deux par deux les trop nombreuses marches qui le séparaient du monde extérieur, des marches aux dangers multiples qu'il nommait Armansin, Perez ou encore Alexis pour ceux dont il connaissait déjà le nom.Pour lui, des fossés impossibles à franchir puisqu'il savait pertinemment que s'il avait croisé l'un d'entre eux, que si une conversation s'était engagée, il aurait fini par faire demi-tour, aurait remonté les marches quatre par quatre, aurait ouvert la porte de son appartement d'une main tremblante, l'aurait aussi rapidement refermée sur l'image d'un escalier rustique pour coller son oreille dessus et s'assurer que personne ne l'avait suivi jusque là.....
Heureusement pour lui, la toute première étape de l'exploit extraordinaire qu'il s'apprêtait à accomplir s'était déroulée sans encombres.Maintenant il était bien obligé d'aller jusqu'au bout, lancé sur la voie d'une imprévisible guérison.La seule question pour lui était de savoir s'il aurait la force d'aller jusqu'au bout.Le visage baissé, il ne voyait fort heureusement pas tous ces badauds qui le fixaient du regard avant de l'avoir croisé et de l'avoir ensuite dans le dos.Son apparence générale en faisait un vieux garçon à la dégainer pitoyable.Un pantalon aux jambes noires bien trop courtes cachait difficilement une paire de chevilles malingres et blanches et ce n'étaient certainement pas les chaussures qu'il portait qui auraient pu arranger quoi que ce soit.Elles semblaient d'un autre âge, d'une époque ou encore l'apparence n'avait pas encore autant d'importance qu'aujourd'hui.Une veste posée sur une chemise d'un blanc douteux et jumelle au pantalon finissait de rendre Edward repoussant.Même son visage n'inspirait pas la pitié, avec sa barbe de trois jours poussant de façon désordonnée et ses yeux cernés d'un noir qui n'était pas du maquillage et qu'il aurait beaucoup de mal à faire disparaître même avec beaucoup de volonté.Après deux ou trois minutes d'une marche que l'on sentait forcée, Edward ouvrit la porte du bar qui,faisait le coin de la rue et, de la vitrine, ceux qui jetaient un oeil à l'intérieur en passant le virent s'asseoir au fond de la salle à une table isolée des autres...
Il marchait derrière ce drôle de véhicule, à quelques pas seulement, se cachant des rares individus qui auraient eu la même idée de sortir si tôt le matin, camouflant le bruit de ses pas derrière celui du moteur de l'engin.....
Malheureusement pour Edward, ce petit scénario ne s'était construit que dans sa tête, face au miroir de la salle de bain.Entre sa volonté de sortir du marasme dans lequel il s'enfonçait et sa peur du monde extérieur, il avait perdu beaucoup trop de temps à cogiter et au moment ou il avait trouvé enfin la force de se lancer dans l'inconnu, le soleil était à son zénith et la foule nombreuse à marcher sur les trottoirs.Et pourtant, parce qu'il savait qu'il n'y parviendrait plus en cas d'abandon, parce qu'il avait besoin de se prouver qu'il était encore un homme et non pas une bête aux abois chassée de son pays natal par des personnes sans nom, il avait réussi à franchir le seuil de la porte d'entrée, puis avait descendu deux par deux les trop nombreuses marches qui le séparaient du monde extérieur, des marches aux dangers multiples qu'il nommait Armansin, Perez ou encore Alexis pour ceux dont il connaissait déjà le nom.Pour lui, des fossés impossibles à franchir puisqu'il savait pertinemment que s'il avait croisé l'un d'entre eux, que si une conversation s'était engagée, il aurait fini par faire demi-tour, aurait remonté les marches quatre par quatre, aurait ouvert la porte de son appartement d'une main tremblante, l'aurait aussi rapidement refermée sur l'image d'un escalier rustique pour coller son oreille dessus et s'assurer que personne ne l'avait suivi jusque là.....
Heureusement pour lui, la toute première étape de l'exploit extraordinaire qu'il s'apprêtait à accomplir s'était déroulée sans encombres.Maintenant il était bien obligé d'aller jusqu'au bout, lancé sur la voie d'une imprévisible guérison.La seule question pour lui était de savoir s'il aurait la force d'aller jusqu'au bout.Le visage baissé, il ne voyait fort heureusement pas tous ces badauds qui le fixaient du regard avant de l'avoir croisé et de l'avoir ensuite dans le dos.Son apparence générale en faisait un vieux garçon à la dégainer pitoyable.Un pantalon aux jambes noires bien trop courtes cachait difficilement une paire de chevilles malingres et blanches et ce n'étaient certainement pas les chaussures qu'il portait qui auraient pu arranger quoi que ce soit.Elles semblaient d'un autre âge, d'une époque ou encore l'apparence n'avait pas encore autant d'importance qu'aujourd'hui.Une veste posée sur une chemise d'un blanc douteux et jumelle au pantalon finissait de rendre Edward repoussant.Même son visage n'inspirait pas la pitié, avec sa barbe de trois jours poussant de façon désordonnée et ses yeux cernés d'un noir qui n'était pas du maquillage et qu'il aurait beaucoup de mal à faire disparaître même avec beaucoup de volonté.Après deux ou trois minutes d'une marche que l'on sentait forcée, Edward ouvrit la porte du bar qui,faisait le coin de la rue et, de la vitrine, ceux qui jetaient un oeil à l'intérieur en passant le virent s'asseoir au fond de la salle à une table isolée des autres...